L’apprenance

Capture d’écran 2015-10-16 à 23.11.02En l’an 2000, la commission européenne gratifiait l’ « homo sapiens actualis » du vocable de  « citoyen apprenant » et de « travailleur du savoir » (Conférence de Lisbonne). Dès lors, la formation permanente devient de plus en plus réalité aussi bien dans une dimension personnelle que professionnelle. La formation tout au long de la vie fait consensus. Le premier levier qui a amorcé ce phénomène est celui de l’économie. En effet, cherchant un nouveau souffle et par nécessité dans le contexte de crise[1], elle s’est frayée un chemin salvateur amorçant un basculement conceptuel radical, une transformation majeure des pratiques de la formation pour adultes. Jackie Beillerot en 1982, utilisait déjà le terme de « société pédagogique » puis, Bouchet en 1989, le terme de « société informée », deux termes pour une même réalité qui ont jalonné la réflexion de la fin du XXème siècle pour enfin consacrer le néologisme d’ « apprenance » caractérisant ce début de XXIème siècle. « C’est, bien plus que la simple participation à la formation, cette attitude d’apprenance qu’il faudra promouvoir, dans ses formes nouvelles, sur des espaces et territoires d’action multiples, pour déployer le sens et la motivation à apprendre. C’est un changement de culture de la formation, et une transformation du rapport social au savoir qui est en train de s’opérer autour de ce nouveau concept d’apprenance. » extrait de L’ABC de la VAE, Philippe Carré Michel Lebelle, ERES, (2009). A travers cet extrait, nous comprenons que certes l’apprenance se développe mais aussi que notre société a besoin qu’elle se développe. Pourquoi ? Quels en sont les enjeux ?

 

Des enjeux économiques

 

économieLes individus sont devenus acteurs du dynamisme national dont la résultante est déterminante. Le niveau de formation, son adéquation avec le marché du travail ainsi que le besoin d’ adaptabilité des travailleurs nous responsabilisent. Est-ce la fin de l’Etat Providence remplacé par le lien synergique entre économie et formation ? Dans notre société contemporaine, le langage de l’économie rejoint logiquement celui de de la formation. Philippe Foray, Professeur à l’Université de Sciences de l’éducation, Jean Monnet, nous explique qu’« on a progressivement compris […] que certains types d’apprentissage, fortement motivés et explicites, avaient des effets économiques et peuvent aller bien au-delà de la simple conséquence d’accomplir mieux sa tâche en fonction de la répétition et de l’action ». Le véritable problème n’est pas forcément l’information mais bien la connaissance, en tant que capacité d’apprentissage […]. L’acquisition du savoir apprendre devient l’objectif clé en matière d’éducation et de formation dans les économies fondées sur la connaissance» (2000). En outre, la réciprocité est vraie. Educateur et chercheur en éducation [qui nous a malheureusement quitté en 2014], J-M Albertini, écrivait déjà en 1992 : « l’économie mènent le bal n’en déplaise aux pédagogues, ce ne sont généralement pas des raisons pédagogiques qui explique la diffusion effective d’une nouvelle méthode pédagogique. Les facteurs socio-économiques ont un rôle beaucoup plus déterminants », soulignant l’influence de l’évolution économique d’un pays sur les processus d’éducation et de formation de celui-ci. L’Etat français l’a compris et s’y engage.

 

De l’apprenance à la pédagogie de l’apprentissage : un pas à franchir, celui de l’institutionnalisation

 

pasPoursuivons avec Jean-Marie Barbier, « Les cultures de la formation paraissent cohérentes dans leur fonctionnement avec des modes de penser l’action humaine distinguant et combinant moment d’activités ordonnés autour de la construction du sujet (formation) et moments d’activités ordonnés autour de la « mobilisation » des sujets (production), comme dans l’alternance ou la formation tout au long de la vie ». Les actions de formation se rejoignent effaçant la frontière entre le monde scolaire et le monde professionnel dans la pédagogie de l’apprentissage  qui s’est avéré efficace. Le profil du travailleur contemporain est celui du « sujet social apprenant » de Joffre Dumazedier comme « gestionnaire de ses compétences », responsable de ses apprentissages, « entrepreneur de lui-même ». Il devient l’homme idéal et salvateur. La gouvernance française (et européenne) suit. Elle est en effet porteuse d’efficience des apprentissages permanents des individus et en tente d’en apporter les moyens légaux et financiers, accompagnant et soutenant le changement allant jusqu’à induire une transformation du rapport au savoir. Ce phénomène est généralement qualifié de « nouveau paradigme de l’éducation et de la formation » assurément centré sur l’apprenant, compétent en devenir. Nous passons progressivement d’une modalité pédagogique transmissive à une modalité d’apprentissage. Comme l’exprime avec une métaphore Philippe Tardif de l’Université de Scherbrouke au Canada, « Nous passons d’une logique photographique à une logique vidéographique ». Ceci nous amène à la notion de compétences.

 

La notion de compétence pour structurer le nouveau paradigme de l’éducation et de la formation

 

Sphère CompétencePhilippe Meirieu, chercheur et écrivain français, spécialiste des sciences de l’éducation et de la pédagogie s’exprime ainsi avec humour « Si la compétence n’existait pas, il faudrait l’inventer ! ». Jean-Marie Barbier dans son ouvrage Vocabulaire d’analyse des activités relève que « les cultures de la formation conçoivent l’action éducative en rapport explicite avec des activités de référence, notamment, en formation des adultes, des activités professionnelles. Elles définissent les apprentissages avec des notions proches de la notion de capacité, même si elles utilisent dans ce sens le mot « compétence », en raison même de sa valorisation actuelle. La notion de capacité et d’autres, comme le célèbre triptyque « savoir, savoir-faire et savoir-être », ou les notions d’habilité, d’attitude ou d’aptitude, ne se donnent pas comme centrées sur les savoirs mais sur les sujets apprenants et les situations dans lesquelles ils se trouvent ». La notion de compétence est centrée sur l’apprenant. La formation va de pair, aujourd’hui, avec la notion de compétences, en milieu scolaire comme en milieu professionnel. La compétence est la combinaison de différentes aptitudes et capacités faisant émerger un nouveau « schème » transposable dans différentes situations prédéfinies. Le schème étant, dans ce contexte, celui que définit Jean Piaget, c’est à dire, une « régularité construite par tâtonnement dans l’action du sujet et qui peut être généralisée à d’autres situations ». Par une approche systémique nous pouvons saisir le concept de compétence qui est le résultat de plusieurs facteurs : les compétences ne sont pas isolées et sont interdépendantes entre elles et se complètent. Elles sont la résultante de savoirs, de capacités et d’aptitudes dans un contexte spécifique pour résoudre un objectif identifié. Les compétences évoluent constamment. La compétence attendue est atteinte à un moment « t », pour un sujet « x », dans un contexte « y » mais a besoin d’être entretenue pour s’adapter au contexte professionnel changeant et perdurer. Nous ne pouvons ici naturellement envisager la compétence qu’en termes d’interdisciplinarité. Nous comprenons à quel point le concept de compétences est adapté à la situation socio-économique mouvementée [exposée précédemment] de notre société occidentale (libérale). Sandrine Faye, Responsable « Certifications et Compétences » à l’Université de Limoges nous donne un éclairage supplémentaire : « la notion de compétence est apparue à partir des années 1970-80 dans les domaines de la formation professionnelle et du travail pour répondre à la fois à des mutations du système productif et à des besoins d’évolution des pratiques managériales. Elle s’est progressivement imposée au cours des décennies suivantes pour devenir le concept de référence en matière de gestion des ressources humaines en entreprise, mais aussi en matière d’éducation et de formation ». Nous remarquons à nouveau que c’est le monde entrepreneurial, le secteur privé, qui a amorcé un changement profond du système de formation puis a gagné l’enseignement entrainant le besoin de se corréler entre eux.

 

Le concept de compétence : une solution ?

 

Le concept de compétence est une réponse. Il est le concept organisateur de la formation d’aujourd’hui avec une recherche d’efficacité et de proactivité dans tous les secteurs d’activité. Nous pourrions le qualifier de fil d’Ariane de notre recherche. Sandrine Faye écrit : « L’évaluation par compétences permet de vérifier que les connaissances ne sont pas stockées quelque part, mais qu’elles existent en substance ». La recherche a montré à bien des égards l’importance de considérer l’apprenant dans son intégralité, dans ses spécificités. Chaque apprenant est unique : il a une histoire personnelle, une intelligence originale (prisme des intelligences multiples[2]), des projets, des aspirations. Ainsi apparaissent comme mode d’évaluation les porto-folios (numériques ou non) offrant des « preuves de l’apprentissage », et, ces preuves sont fournies par l’apprenant qui développe « une métacognition[3] habituelle » (cognitivisme), donne du sens à son activité, s’auto-évalue et ainsi prend conscience de son évolution. Remarquons ici que cette autonomie n’exclue pas le besoin de repères de l’apprenant, d’une trame explicative et précise et du soutien apportés par le formateur. Il ne s’agit pas d’apprendre « en roue libre ». Nous retrouvons ici, le changement de paradigme. En effet, autrefois, l’enseignant créait l’évaluation et la notait, l’apprenant était extérieur à celle-ci et passif, aujourd’hui, l’apprenant est acteur et auteur. L’apprenant réfléchit, s’autorégule. Le formateur a un rôle de guide voire de coach. Les postures changent.

 

La résultante d’un mouvement social

 

Les postures en effet changent, des voix se lèvent. Une autre facette du « nouveau paradigme de l’éducation et de la formation » fait parler d’elle : celle des revendications des salariés et des syndicats[4] ayant à leur tour compris cette dynamique et désireux de profiter d’un processus similaire mais inversé faisant valoir leurs compétences acquises en travaillant. Le bilan de compétences, la validation des acquis professionnels (VAP), la validation des acquis de l’expérience (VAE) ou tout simplement une augmentation de salaire ou un changement de statut après un entretien de carrière en sont le résultat, procédant de la même logique de l’apprentissage ou de l’approche « par compétences ». « On constate enfin, dans ce contexte de la complexification du travail, une montée des revendications des salariés de reconnaissance du travail réel et non seulement du travail prescrit et que soit appréciée leur réelle contribution à la performance des entreprises. Cela va aboutir, au tournant des années 1990, à l’abandon progressif du système basé sur la reconnaissance collective de la qualification liée au poste et à son remplacement par des règles fondées sur la reconnaissance individuelle des compétences ». […] On passe « d’une gestion à partir de contenus d’emploi, à visée prescriptive, à une gestion fondée sur la détention, la mobilisation et le développement des compétences des personnes » (Zarifian, 2004). L’emploi se définit désormais comme la mobilisation de compétences et non plus comme l’occupation d’un poste de travail », Sandrine Faye, Responsable « Certifications et Compétences », Université de Limoges. Remarquons qu’en entreprise, en plus d’utiliser le terme « compétences » [comme en milieu scolaire], le terme « performance » est utilisé ajoutant la notion de valeur propre à ce milieu. Il s’agit d’une variante de vocable entre le monde de l’éducation et celui de la formation issue de l’entreprise qui se doit de produire de la valeur pour subsister. Un autre terme est utilisé dans le monde entrepreneurial, celui de « talent ». Comme à chaque phénomène nouveau, certains ont peur et craignent des effets pervers avec l’émergence de nouvelles formes de dépression au travail, la pression sur l’autonomisation des travailleurs et l’efficience des processus et appellent à une vigilance soulignant la fonction protectrice de l’entreprise notamment à travers les syndicats.

 

 

 

 

 

 

La formation continue

 

 

 

 

 

Conclusion

 

Pour finir sur une note optimiste, nous évoquerons le fondateur de Microsoft, Bill Gates. Il est l’exemple emblématique de l’apprenant ayant développé ses compétences en grande partie hors cursus universitaire. Ainsi, il nous confirme le bien fondé de l’approche par compétences. « Pour Bill Gates, qui a quitté l’université de Harvard avant la fin de son cursus pour fonder Microsoft, le système des diplômes pose problème : la valeur d’un jeune professionnel se mesure trop à ce sésame, et d’autant plus qu’il sera issu d’une « bonne école » ou d’une « bonne université ». Comment valider des compétences réelles en-dehors de ce système contraignant, notamment lorsqu’elles sont acquises par un passionné qui s’instruit seul sur Internet ? Selon l’entrepreneur, il serait intéressant de « séparer la validation des savoirs (le passage du diplôme) de la façon dont on a fait l’acquisition de ces connaissances ». Si on a acquis en autodidacte tous les savoirs et toutes les compétences requises pour la pratique d’un métier, pourquoi ne pourrait-on pas passer l’examen d’entrée dans la profession, au même titre que ceux qui ont suivi la formation institutionnelle ? » RSLN Regards Sur Le Numérique, www.rslnmag.fr. Quel diplôme lui attribuerions-nous aujourd’hui à Bill Gates ? Puisque, comme nous l’avons vu, l’organisation du travail évolue considérablement depuis les années 2000, puisque l’apprenance est à la fois la conséquence de la crise économique et son remède possible, puisque s’organise autour du concept de compétence, le nouveau paradigme de l’éducation et de la formation et que l’Etat accompagne ce changement, nous allons à présent aborder la formation continue qui n’est autre que l’apprentissage tout au long de la vie institutionnalisé.

 

Parcours professionnel, développement personnel, opportunités de rattrapage pour ceux qui sont sortis trop tôt de l’école, vision positive de la formation, dans l’évolution législative actuelle tout est mis en œuvre dans ce sens pour l’ascension du sujet social apprenant. L’Etat intervient en promulguant des nouvelles lois, en réorganisant la formation professionnelle continue et en la finançant. Les apprentissages formels ou informels[13] tout au long de la vie sont valorisés. Ainsi, nous assistons au passage d’une conception collective inspirée du modèle scolaire de la « formation instruction » bicentenaire au nouveau paradigme de l’apprentissage individualisé choisi et ouvert sur le monde du travail rendu possible par l’inspiration libérale de notre société. Nous avons assisté, par ailleurs, depuis les années 2000, grâce aux progrès technologiques, à un engouement pour la formation à distance. Ce modèle économique, encore mal connu, très hétéroclite et complexe se développe. En effet, le Retour sur Investissement (RIO)[14] en formation n’a pas encore réussi à faire ses preuves et l’ingénierie de la formation à distance coûte cher. Cependant, on assiste à l’appropriation progressive et effective des technologies numériques dans le domaine de la formation.

Jean Wemaëre, président la Fédération de la Formation Professionnelle, résume très bien ce que nous avons évoqué précédemment. « Dans une économie de la connaissance globalisée, qui est marquée par la création continue de nouveaux métiers, de nouveaux modes de consommation, de nouvelles organisations du travail et par l’accélération de l’obsolescence des compétences, la formation professionnelle continue apparait comme un enjeu stratégique pour les individus (demandeurs d’emploi, jeunes ou seniors, salariés du secteur public ou du privé), mais aussi pour les entreprises et les territoires. Levier de compétitivité hors coût, elle constitue un facteur essentiel d’innovation et de croissance. Sans formation, pas de croissance durable pour notre économie nationale. Elle est un moteur vital pour permettre l’émergence des nouveaux secteurs d’activité (numérique, économie verte etc.) Loin des clichés et des idées reçues, la formation professionnelle accompagne en réalité les mutations technologiques, le changement des organisations, et permet à plusieurs millions de personnes chaque année de renforcer leur employabilité. Elle doit sans cesse s’adapter aux nouveaux besoins des individus et des entreprises, ce qui requiert toujours plus d’individualisation, d’instantanéité et de mobilité. Tous les pays développés investissent massivement dans la formation continue. L’OCDE considère d’ailleurs qu’à l’horizon 2060, celle-ci représentera jusqu’à 10% du temps de travail des actifs, soit largement plus du double d’aujourd’hui. Dans ce contexte, la formation professionnelle en France doit pouvoir se développer dans un écosystème rationnel et efficient, reposant sur des objectifs partagés et une évaluation continue. »

 

 

 

 

[1] « Globalement, une longue phase de dépression est en train de s’achever, une page se tourne enfin au moins pour les pays occidentaux. Il aura fallu huit ans pour que les grands pays occidentaux sortent globalement de ce qui aura été la plus grave crise économique depuis 1929. La reprise est désormais solide aux Etats-Unis, avec plus de 3% de croissance en 2015 et 2016. Même la zone euro sort enfin du coma», Vincent Giret, journaliste économiste

à propos du rapport du rapport du FMI paru en 2015.

 

[2] La notion d’ « Intelligences multiples » a été proposée par un professeur de l’Université de Harvard, Howard Gardner, en 1983 dans son livre Frames of Minds : the Theory of Multiple Intelligence. Il suggère que chaque individu dispose de plusieurs types d’intelligences, pour lesquelles il a naturellement une plus ou moins grande compétence. Sa théorie a été reprise par de nombreux chercheurs et on distingue aujourd’hui huit principales formes d’intelligences : l’intelligence corporelle / kinesthésique [la capacité à utiliser son corps d’une manière fine et élaborée, à s’exprimer à travers le mouvement, à être habile avec les objets], l’intelligence interpersonnelle [la capacité d’entrer en relation avec les autres], |’intelligence intrapersonnelle [la capacité à avoir une bonne connaissance de soi-même], l’intelligence logique-mathématique [la capacité à raisonner, à compter et à calculer, à tenir une raisonnement logique, cette forme d’intelligence est évaluée dans les tests dits de « Quotient intellectuel »], l’intelligence musicale / rythmique , [la capacité à percevoir les structures rythmiques, sonores et musicales], l’intelligence naturaliste [la capacité à observer la nature sous toutes ses formes, la capacité à reconnaître et classifier des formes et des structures dans la nature], l’intelligence verbale-linguistique, [la capacité à percevoir les structures linguistiques sous toutes leurs formes], l’intelligence visuelle / spatiale [la capacité à créer des images mentales et à percevoir le monde visible avec précision dans ses trois dimensions]. L’apport de la théorie d’Howard Gardner aux pratiques pédagogiques a été introduit en France par Bruno Hourst, enseignant et chercheur en pédagogie. Face à l’hétérogénéité des élèves, souvent présentée comme un frein aux apprentissages, le prisme des Intelligences Multiples peut apporter un éclairage nouveau et enrichir les pratiques de différenciation. Il ne s’agit pas de suivre un modèle et on peut donc adapter la théorie des Intelligences Multiples à toute situation d’apprentissage et à tout contexte de classe.

 

[3] L’apprenant est conscient de la façon dont il construit ses connaissances, il a le pouvoir sur la construction de ses connaissances.

[4] Créé par l’Accord National Interprofessionnel du 7 janvier 2009 sur le développement de la formation tout au long de la vie professionnelle, la professionnalisation et la sécurisation des parcours professionnels et par la loi n°2009-1437 du 24 novembre 2009 relative à l’orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie, le Fonds Paritaire de Sécurisation des Parcours Professionnels (FPSPP) est une association constituée entre les organisations syndicales d’employeurs et de salariés représentatives au niveau national et interprofessionnel.

[5] Cette formation de base peut se rapprocher du « socle commun de connaissances et de compétences » [institué par l’Education Nationale en 2005 puis, après concertation, en 2014, y ajoutant la culture, pour remédier au triste différentiel entre la démocratisation de la scolarisation et démocratisation de la réussite scolaire]. Ce « socle commun de connaissances, de compétences et de culture » a pour objectif de rendre l’élève autonome et apprenant.

[6] MEDEF, UPA et CGPME

[7] CFE-CGC, CFDT et CFTC

[8] 0,55 % pour les entreprises de moins de dix salariés

[9] Les contributions soutiennent de manière prioritaire les petites entreprises en participant au financement de la formation de leurs salariés.

[10] « Le Conseil d’orientation pour l’emploi (COE) a publié le 8 avril 2014 un rapport sur l’évolution des formes d’emploi. Selon ce rapport, les années 2000 sont marquées par l’explosion des contrats temporaires les plus courts (CDD, intérim) et l’apparition de formes d’emploi aux frontières entre salariat et emploi indépendant (franchise, portage salarial, etc.). Depuis le début des années 2000, la répartition entre emploi non salarié, emploi permanent (CDI) et emploi temporaire (CDD et intérim) semble plus stable : La part de l’emploi non salarié, qui avait beaucoup régressé au cours des années 1980 et 1990, s’est stabilisée. Elle connaît même un certain regain depuis 2008 du fait de la progression des indépendants sans salariés. Après une forte progression au cours des années 1980 et 1990, la part des emplois temporaires (CDD, intérim) se stabilise autour de 13,5% de l’emploi salarié. Hors contrats aidés, la hausse des CDD est deux fois moins importante entre 1980 et 2000, et se poursuit légèrement après. La part des CDI reste la forme dominante d’emploi (autour de 87% de l’emploi salarié). Ces différentes catégories (indépendants, CDI, CDD et intérim) sont toutefois traversées par d’importantes évolutions : Les contrats temporaires sont de plus en plus courts : les CDD de moins d’un mois progressent très fortement depuis 2003 et la durée moyenne des missions d’intérim raccourcit depuis 2008. L’emploi temporaire concerne désormais plus de 50% des jeunes. Le travail à temps partiel progresse, même si la forte augmentation des années 1980 et 1990 s’est ralentie depuis. Les horaires décalés et variables se développent également. Le télétravail connaît un essor relativement important depuis les années 2000. Par ailleurs, des formes d’emploi plus récentes, aux frontières entre salariat et emploi indépendant, sont apparues . L’auto-entreprise a connu un essor très rapide, mais les revenus des auto-entrepreneurs restent pour la plupart très faibles. Le portage salarial permet aux personnes qui souhaitent développer une activité autonome de bénéficier des protections du salariat. Des formes hybrides de travail indépendant dans lesquelles l’entrepreneur se voit imposer par une entreprise dont il dépend certaines modalités d’organisation de son travail (franchise notamment) se développent. Enfin, l’emploi multi-employeur a fortement augmenté et concerne désormais plus de 2,3 millions d’actifs. Ces personnes exercent simultanément plusieurs activités salariées et/ou non salariées (travailleurs pluriactifs).  Sources : http://www.vie-publique.fr/actualite/alaune/emploi-part-cdi-reste-stable-mais-celle-cdd-courts-explose-20140424.html

 

[11]

Niveau et correspondance en terme de formation
Niveau Emploi exigeant une formation …
VI … n’allant pas au-delà de la scolarité obligatoire (16 ans)
V bis … d’une durée maximale d’un an après le collège
V équivalant au CAP (certificat d’aptitude professionnelle), au BEP (brevet d’études professionnelles) ou au diplôme national du brevet (DNB, et anciennement brevet des collèges ou BEPC)
IV équivalant au bac (général, technologique ou professionnel), au brevet de technicien (BT) ou au brevet professionnel
III équivalant à un niveau bac+2 : BTS (brevet de technicien supérieur), DUT (diplôme universitaire de technologie)
I et II équivalant à un niveau égal ou supérieur au Bac+3 ( licence, maîtrise, …)

 

[12] L’alternance est ouverte aux jeunes en formation initiale mais aussi aux apprenants en formation professionnelle continue.

[13] Les apprentissages formels sont des apprentissages programmés au sein d’établissements autorisés à délivrer des diplômes (lycée, université, diplômes de la formation professionnelle). Les apprentissages non formels se développent à travers d’autres formes de socialisation (association) sans visée certificative. Les apprentissages informels se développent dans les activités quotidiennes, au sein de la famille, au travail, ou dans les activités de loisirs